Pierre Overnoy au naturel


Vins et Grands crus / mardi, février 19th, 2019

Sur les traces de Jules Chauvet (considéré comme le père du mouvement des vins naturels), Pierre Overnoy fut le premier vigneron bio du Jura. Devenu l’une des références dans le domaine, il se confie, à l’âge de 73 ans, dans « La parole de Pierre », un livre-entretien paru aux éditions Mêta-Jura le 17 septembre dernier.

Cep après cep, cépage après cépage (son premier fut le « naturé » plus connu sous le nom de savagnin), Pierre Overnoy a construit depuis plus d’un demi-siècle un empire sans soufre dans le Jura.
L’histoire débute après un stage d’œnologie à Beaune après lequel il constate que ses « moûts ne sentaient rien : ce n’est pas la peine d’avoir appris à faire du vin pour faire ça ».

En 1964, l’arrivée des désherbants chimiques le laisse sceptique : « trop beau pour être honnête », se rappelle-t-il. «Pour le moment, j’attends, je veux voir, ça m’intrigue. Pour le moment, je ne désherbe pas ».
Un choix qui va payer puisque Pierre va se constituer une clientèle séduite par cette non-utilisation des désherbants. « Je ne pouvais pratiquement plus reculer. J’étais un peu pris à mon propre piège ».

Empirique, il rencontre le maître Jules Chauvet, le militant du beaujolais et bannit le sulfitage des moûts (« c’est Mozart qu’on assassine »).
« Pas contre la chaptalisation », il produit en 1984 son premier vin sans soufre et fut le premier à faire du savagnin ouillé en 1985. Il se rend rapidement compte qu’ « il n’est pas si facile que ça de faire une définition » des vins sans soufre.

Une histoire de vin qui se raconte au travers d’histoires d’hommes : Henri Bouvret, le dégustateur hors pair de Château-Chalon, Alain Chapel l’étoilé ou bien encore Jacques Néauport l’oenophile.
« Il faut des conditions bien spécifiques pour faire voyager le vin sans soufre, précise-t-il. Pour faire du vin sans soufre, il ne suffit pas de ne pas en mettre. Il faut voir le résultat. Il faut qu’il soit bon et pour qu’il soit bon, il faut être prêt à parer à toute éventualité. Et ça, ça coûte cher ».

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