Vins naturels : « Souvent de gros écarts d’une bouteille à l’autre »


Vins et Grands crus / mardi, février 19th, 2019

Viticulteur dans les Côtes du Forez, Gilles Bonnefoy s’est lancé dans le bio en 2001. Certifié Demeter en 2008 (biodynamie), il regrette l’hétérogénéité des vins naturels et fustige l’absence de certification qui les entoure.

« Chaque vigneron fait sa propre interprétation des vins naturels, constate Gilles Bonnefoy. On ne sait pas trop ce que ça veut dire. Ce sont des vins sans soufre dit-on. Moi j’utilise des sulfites. Mais sans certification, c’est du foutage de gueule. Oui un contrôle ça coûte cher mais quelle crédibilité a-t-on si on n’accepte pas ces contrôles ? »

Après s’être lancé dans la production bio en 2001, le viticulteur du Forez a pour la première fois pu mentionner « AB » sur ses vins en 2002. « En 2004 je me suis lancé dans la biodynamie expérimentale et je me suis rendu compte en 2005 que je n’étais pas prêt. Fin 2008, je me suis converti et je suis certifié Demeter*. Je respecte un cahier des charges strict et rigoureux qui me correspond bien. C’est le meilleur compromis. »

Nerf de la galère entre « pro » et « anti » vins naturels : le soufre. « En biodynamie, la partie vinification est stricte et tolère le soufre. Car au niveau des vins naturels, sans soufre, il y a trop souvent de gros écarts sur les mêmes cuvées d’une bouteille à une autre. On laisse faire mais où positionner le curseur en matière d’interventionnisme? La dose Demeter reste dans une logique naturelle. »

Agriculture raisonnée, bio, biodynamie, vins naturels : de quoi perdre le consommateur. « C’est une usine à gaz, concède Gilles Bonnefoy. Depuis trois ans, la vache folle et la grippe aviaire ont indirectement mis en avant les produits bio. Cela a fait une pub incroyable qui fait que le bio est de plus en plus recherché. Mais ce phénomène de mode peut laisser craindre une surproduction. Et ce serait la cata. Et puis, le coût est plus cher de l’ordre de 30%. »

Un constat soutenu par la politique européenne. « L’objectif européen, rappelle-t-il, prévoit que le bio représente 15 à 20 % de la production en 2016. Ce n’est pas une fin, c’est un retour aux vrais plaisirs du travail de la terre. »

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